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Congé de maternité en Belgique : durée, indemnité et organisation (2026)

Par

Audrey Walravens

HR & Accounting Manager

Mis à jour le :

10/6/2026

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Une serveuse vous annonce qu'elle est enceinte. Bonne nouvelle. Et tout de suite, deux questions arrivent : combien de temps va-t-elle s'absenter, et comment tenir le planning sans elle pendant des mois ? Le congé de maternité belge répond à la première. La seconde, c'est votre travail de gérant, et c'est souvent là que ça coince.

Voici l'essentiel, sans jargon. La durée, l'argent, la protection, et la partie qu'on oublie presque toujours : l'organisation côté équipe.

Le congé de maternité, en deux mots

En Belgique, on parle officiellement de "repos de maternité". C'est un droit, pas une faveur. Toute travailleuse salariée y a accès, peu importe son ancienneté ou le type de contrat. Une étudiante jobiste, une extra, une temps plein : même règle.

Le principe tient en une phrase. La travailleuse s'arrête avant et après l'accouchement, elle touche une indemnité de sa mutuelle, et son emploi est protégé. L'employeur ne paie pas le salaire pendant cette période; c'est l'INAMI, via la mutualité, qui prend le relais. Bon à savoir quand on gère une petite structure et qu'on redoute la double charge salariale.

Statbel recense un peu plus de 113.000 naissances par an en Belgique. Autrement dit, sur la durée de vie d'un commerce ou d'un restaurant, la question finira par se poser. Autant la maîtriser une fois pour toutes.

Combien de temps dure le congé de maternité ?

Quinze semaines. C'est la durée de base pour une naissance simple. Ces quinze semaines se découpent en deux blocs : le repos prénatal, avant la naissance, et le repos postnatal, après.

Repos prénatal et repos postnatal

Le repos prénatal couvre six semaines maximum avant la date présumée de l'accouchement. Sur ces six semaines, une seule est obligatoire : la semaine qui précède directement la date prévue. Les cinq autres sont facultatives. La travailleuse qui se sent bien peut continuer à travailler jusqu'à sept jours avant le terme, puis reporter ces semaines non prises sur l'après.

Pourquoi reporter ? Parce que les semaines économisées avant viennent s'ajouter au repos d'après. Concrètement, plus on travaille tard, plus on récupère de temps avec le bébé. C'est un calcul que beaucoup de futures mamans font, et il a du sens.

Le repos postnatal, lui, dure neuf semaines minimum, et celles-là sont obligatoires. Pas de négociation possible. À ces neuf semaines s'ajoutent les semaines prénatales reportées. Une travailleuse qui n'a pris qu'une semaine avant l'accouchement se retrouve donc avec quatorze semaines après. Le total reste de quinze.

Naissances multiples

Des jumeaux, des triplés ? La durée passe à dix-neuf semaines. Le repos prénatal peut alors grimper jusqu'à huit semaines, et le repos postnatal peut être prolongé de deux semaines supplémentaires si l'enfant doit rester hospitalisé longtemps après la naissance. Rare, mais prévu par la loi.

Petit détail qui surprend tantôt les employeurs : si le nouveau-né reste hospitalisé au-delà des sept premiers jours, le repos postnatal peut être prolongé. La travailleuse ne perd pas ces journées.

Quelle indemnité pendant le congé de maternité ?

Ici, les chiffres comptent. Et le statut change tout.

Salariées

Une salariée touche une indemnité versée par sa mutualité, pas par l'employeur. Le calcul est progressif. Pendant les trente premiers jours, l'indemnité s'élève à 82 % de la rémunération brute, sans plafond. Ensuite, à partir du trente-et-unième jour, elle tombe à 75 % de la rémunération brute, cette fois plafonnée.

Le plafond est indexé chaque année; pour le montant journalier exact en vigueur en 2026, l'INAMI publie le barème à jour, et c'est la seule référence fiable. On évite de citer un chiffre figé qui sera faux dans six mois.

Ce qu'on oublie souvent, du côté patron : ces semaines comptent pour le calcul du pécule de vacances de l'année suivante. Le congé de maternité est assimilé à du temps de travail. La travailleuse ne perd donc pas ses droits à congés payés.

Indépendantes

Le statut d'indépendante a longtemps été le parent pauvre. Plus maintenant. Une travailleuse indépendante a droit à douze semaines de repos de maternité (treize en cas de naissance multiple), dont trois semaines obligatoires : une avant, deux après. Le reste peut être pris de façon flexible, par périodes d'une semaine, jusqu'à 38 semaines après l'accouchement.

L'indemnité prend ici la forme d'un montant forfaitaire hebdomadaire versé par la caisse d'assurances sociales. S'ajoutent 105 titres-services gratuits pour l'aide ménagère, un coup de pouce concret pour souffler après l'accouchement. Une indépendante qui tient seule un salon de coiffure à Namur, par exemple, peut combiner repos partiel et reprise progressive sans tout perdre d'un coup.

La protection contre le licenciement

C'est sans doute le point le plus mal compris. Dès que vous êtes informé de la grossesse, une protection se déclenche. Elle court jusqu'à un mois après la fin du repos postnatal. Pendant toute cette fenêtre, vous ne pouvez pas licencier la travailleuse pour un motif lié à sa grossesse ou à sa maternité.

Attention, protection ne veut pas dire immunité totale. Un licenciement reste possible pour un motif étranger à la grossesse : une faute grave, une restructuration objective, la fin d'un chantier. Mais la charge de la preuve pèse sur l'employeur. Si vous ne pouvez pas démontrer que le motif n'a rien à voir avec la maternité, l'indemnité de protection grimpe à six mois de rémunération brute, en plus de l'indemnité de préavis classique.

Chez Shyfter, on voit souvent des gérants paniquer à l'annonce d'une grossesse parce qu'ils confondent protection contre le licenciement abusif et interdiction absolue. Ce n'est pas la même chose. Le bon réflexe : documenter, dater, garder une trace écrite de toute décision RH. Pour comprendre l'articulation avec le préavis, notre guide du préavis en Belgique détaille les durées et le calcul.

Autre point, lié à la santé : si le poste présente un risque (travail de nuit, port de charges, exposition à certains produits), le médecin du travail peut imposer un écartement. La travailleuse est alors écartée de son poste, parfois bien avant le repos prénatal, et indemnisée à ce titre. Un cas fréquent en horeca et en pharmacie.

Et après ? Allaitement et reprise

Le congé de maternité s'arrête, mais l'accompagnement peut continuer. Une travailleuse qui allaite a droit à des pauses d'allaitement : une demi-heure par tranche de travail de quatre heures, une heure au-delà de sept heures et demie sur la journée. Ces pauses sont rémunérées par la mutuelle, pas par vous.

À la reprise, beaucoup de jeunes parents enchaînent avec d'autres dispositifs. Le congé parental permet de réduire ou suspendre le temps de travail pendant plusieurs mois. D'autres optent pour un aménagement via le crédit-temps. Mieux vaut anticiper ces demandes : elles arrivent presque toujours dans la foulée du retour.

Côté employeur : organiser l'absence sans casser le planning

Voilà la partie que la loi ne traite pas, et qui vous tient pourtant éveillé la nuit. Quinze semaines d'absence sur un poste clé, ça se prépare.

L'erreur qu'on rencontre le plus, sur le terrain ? Attendre le dernier moment pour chercher un remplacement. Une grossesse, ça s'annonce des mois à l'avance. Vous avez le temps. Un contrat de remplacement à durée déterminée est exactement fait pour ça : il couvre l'absence et prend fin au retour de la titulaire, sans indemnité de rupture. N'oubliez pas la déclaration Dimona du remplaçant, avant son premier service, sous peine d'amende ONSS.

Prenons un cas concret. Un restaurant bruxellois de 22 couverts perd sa cheffe de rang pour quinze semaines. Sans visibilité, le gérant bricole : il étale les heures sur le reste de l'équipe, génère des heures supplémentaires, et finit par cramer ses deux meilleurs profils en un mois. Avec un planning anticipé et un extra formé deux semaines avant le départ, le même trou se gère sans casse. La différence n'est pas dans la loi. Elle est dans la préparation.

Autre exemple. Une chaîne de trois pharmacies en Brabant wallon gère deux congés de maternité quasi simultanés. Là, impossible d'improviser. La direction a cartographié les compétences de chaque assistante, identifié qui pouvait basculer d'une officine à l'autre, et planifié les remplacements douze semaines à l'avance. Résultat : zéro fermeture, zéro heure supplémentaire non prévue.

C'est précisément ce qu'un outil de planning bien tenu vous donne. La visibilité sur les absences longues, la possibilité de simuler le planning sans la personne absente, le suivi des heures pour éviter que l'équipe restante ne déborde. Et quand la travailleuse revient, son poste l'attend, ses droits sont intacts, et vous n'avez pas improvisé pendant trois mois. Le pécule lié à cette période, d'ailleurs, se retrouve dans le calcul de l'année suivante; notre article sur les congés payés explique le mécanisme.

Vous voulez voir comment Shyfter gère une absence longue sans casser votre planning ? Demandez une démo gratuite et on vous montre le cas concret sur votre propre équipe.

FAQ

Le congé de maternité dure combien de temps en Belgique ?

Quinze semaines pour une naissance simple, dix-neuf semaines pour une naissance multiple. Le tout se répartit entre repos prénatal et repos postnatal.

Qui paie pendant le congé de maternité ?

Pas l'employeur. C'est la mutualité, via l'INAMI, qui verse l'indemnité. Elle représente 82 % du brut les trente premiers jours, puis 75 % du brut plafonné ensuite.

Une travailleuse peut-elle être licenciée pendant son congé de maternité ?

Pas pour un motif lié à la grossesse. La protection court de l'annonce jusqu'à un mois après la fin du repos postnatal. Un licenciement pour un motif étranger reste possible, mais l'employeur doit le prouver, sinon il doit une indemnité de six mois de salaire.

Combien de semaines avant l'accouchement le repos commence-t-il ?

Une semaine est obligatoire juste avant la date présumée. Cinq semaines supplémentaires sont facultatives et peuvent être reportées après la naissance.

Les indépendantes ont-elles droit au congé de maternité ?

Oui. Douze semaines (treize en cas de naissance multiple), dont trois obligatoires, avec une indemnité forfaitaire de la caisse sociale et 105 titres-services gratuits.

Le congé de maternité compte-t-il pour les congés payés ?

Oui. La période est assimilée à du temps de travail, donc elle est prise en compte dans le calcul du pécule de vacances de l'année suivante.

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