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Flexi-job en Belgique : le guide employeur 2026

Par

Brice Feron

Head of Revenue Operations

Mis à jour le :

20/4/2026

Flexi-job en Belgique : le guide employeur 2026

Un cuisinier qui fait un service le samedi soir, une caissière qui vient dépanner le dimanche, une vendeuse pensionnée qui tient la boutique deux après-midi par semaine : en Belgique, tout ça peut passer par un flexi-job. Un régime de travail taxé à 0 % côté travailleur, avec des cotisations patronales réduites, et surtout ouvert à de nouveaux secteurs depuis 2023.

En 2026, les règles ont encore bougé : plafonds de revenus revus, extension à certains métiers du soin et de l'événementiel, nouvelles obligations de contrôle via l'ONSS. Voici ce que vous devez savoir avant d'engager un flexi-jobber cette année.

Qu'est-ce qu'un flexi-job ?

Un flexi-job est un contrat de travail belge créé en 2015 pour l'horeca, puis étendu au commerce de détail, à la boulangerie-pâtisserie, à la coiffure, au sport, à l'agriculture, aux pompes funèbres et, depuis 2024-2025, à certains métiers du soin, de l'éducation et de l'événementiel.

L'idée : permettre à une personne qui travaille déjà à 4/5e ailleurs (ou qui est pensionnée) de prester des heures complémentaires chez un autre employeur, avec un salaire net intégral pour le travailleur et des cotisations patronales réduites pour l'entreprise.

Concrètement :

  • Le travailleur ne paie ni impôt, ni ONSS sur son salaire flexi.
  • L'employeur paie une cotisation patronale spéciale (environ 28 % en 2026, contre 32 % + ONSS en régime classique).
  • Aucune prime de fin d'année, aucun pécule de vacances classique : tout est inclus dans le salaire horaire minimum imposé.

Résultat : c'est un des seuls régimes belges où brut = net côté travailleur.

Qui peut travailler en flexi-job en 2026 ?

Les conditions côté travailleur

Pour prester en flexi-job, la personne doit remplir l'une des deux conditions suivantes :

  1. Avoir déjà un autre emploi à 4/5e minimum chez un autre employeur au trimestre T-3 (le trimestre situé trois trimestres avant celui où elle preste en flexi). C'est la règle historique.
  2. Être pensionnée : y compris pensionnée à 50 % ou pensionnée en prépension, sans condition d'emploi antérieur.

Deux points d'attention :

  • Un travailleur en préavis dans son emploi principal ne peut pas démarrer en flexi-job chez l'employeur qui va l'engager à temps plein après.
  • Un étudiant ne peut pas cumuler flexi et job étudiant chez le même employeur pour contourner les quotas.

Si vous hésitez entre flexi et job étudiant, lisez aussi notre guide sur le job étudiant en horeca : les deux régimes ne visent pas les mêmes profils.

Les pensionnés

Depuis 2023, un pensionné peut prester en flexi-job sans plafond annuel de revenus flexi (à ne pas confondre avec le plafond classique du travailleur actif). Pour l'entreprise, c'est une main-d'œuvre fiable, disponible en journée, et souvent expérimentée dans les métiers de bouche ou le retail.

C'est aussi pour ça que la part de flexi-jobbers pensionnés a explosé : ils représentent désormais plus d'un tiers des heures flexi prestées en Belgique.

Quels secteurs autorisent le flexi-job ?

En 2026, les flexi-jobs sont autorisés dans ces commissions paritaires :

  • Horeca (CP 302) : le secteur historique.
  • Commerce de détail alimentaire (CP 119) et commerce de détail indépendant (CP 201).
  • Grande distribution (CP 311 et 312).
  • Boulangerie, pâtisserie et chocolaterie artisanales (CP 118.03).
  • Coiffure et soins de beauté (CP 314).
  • Sport (CP 223).
  • Agriculture et horticulture (CP 144, 145).
  • Pompes funèbres (CP 320).
  • Événementiel (CP 304) : depuis 2024.
  • Secteur du soin (hôpitaux, maisons de repos, crèches privées) : extension 2024-2025.
  • Enseignement : extension 2024-2025 pour le personnel administratif et d'entretien.

Si votre entreprise relève d'une autre commission paritaire, vous ne pouvez pas engager en flexi-job, même pour une heure. Vérifiez toujours votre CP avant de rédiger le contrat.

Combien gagne un flexi-jobber ?

Salaire minimum 2026

Un flexi-jobber doit toucher au minimum le salaire horaire flexi légal, indexé chaque année. Au 1er janvier 2026, il est de 12,38 € brut/heure (barème indicatif, à vérifier auprès de votre secrétariat social : le montant exact suit l'indexation automatique).

À ce salaire s'ajoute un pécule de vacances flexi de 7,67 % (inclus dans le montant horaire de référence), qu'il faut bien comptabiliser dans le brut horaire.

Dans certains secteurs (horeca surtout), des conventions sectorielles peuvent imposer un minimum plus élevé : par exemple 13,50 €/h pour les serveurs qualifiés. Le barème de votre CP prime toujours sur le minimum légal.

Pour l'entreprise, l'impact est direct : côté coût, un flexi-jobber payé 12,38 € brut/h revient à environ 15,85 €/h tout compris (cotisation patronale 28 % incluse), là où un contrat classique au même brut coûterait autour de 17,60 €/h.

Plafond annuel de revenus

En 2026, un travailleur flexi-job (non pensionné) ne peut pas gagner plus de 12 000 € nets de revenus flexi sur l'année calendrier. Au-delà, le régime fiscal avantageux saute : les revenus deviennent imposables et l'employeur perd l'avantage de cotisation réduite.

Pour les pensionnés, aucun plafond ne s'applique sur les revenus flexi eux-mêmes.

Côté employeur, aucune limite d'heures par travailleur n'est fixée par le flexi, mais :

  • La durée maximale du travail reste 11 h par jour et 50 h par semaine (règle belge classique).
  • Le repos compensatoire et les jours fériés travaillés s'appliquent aussi aux flexis.

Les obligations de l'employeur

Le flexi-job est fiscalement intéressant, mais il s'accompagne d'obligations administratives strictes. Un oubli peut coûter cher : l'ONSS requalifie alors la prestation en contrat classique, avec rattrapage de cotisations et amendes.

Contrat-cadre et contrat flexi

Trois documents sont obligatoires :

  1. Un contrat-cadre écrit, signé une fois avant la première prestation. Il précise l'identité des parties, le type de fonction, le salaire horaire et le mode de communication des plannings.
  2. Un contrat de travail flexi pour chaque prestation (oral ou écrit). Un SMS, un mail ou une confirmation via l'app de planning suffit, à condition de garder une trace.
  3. Une Dimona avant chaque début de prestation.

Sans contrat-cadre, pas de flexi-job. C'est le document qui verrouille le régime.

Dimona par prestation

Chaque prestation d'un flexi-jobber doit être déclarée via Dimona, en précisant le type "FLX" (flexi). Deux formats existent :

  • Dimona par jour (la plus fréquente dans l'horeca).
  • Dimona trimestrielle (quand les prestations sont régulières).

La Dimona doit être envoyée avant la prise de poste, sans exception. Une Dimona tardive est considérée comme absente : prestation au noir.

Pointage et registre des présences

Depuis 2014, tous les employeurs de l'horeca, du retail, de la construction et de l'événementiel doivent tenir un registre de présences électronique pour leurs travailleurs flexi et extras. En 2027, cette obligation s'étend à tous les secteurs.

Concrètement :

  • Chaque flexi-jobber doit pointer à l'arrivée et au départ via un système enregistré par l'ONSS (borne, badge, app mobile).
  • Les données doivent être conservées 5 ans et transmissibles à l'inspection sociale en cas de contrôle.

Pour éviter les oublis, la plupart des PME passent par un logiciel comme le système de pointage au travail qui synchronise automatiquement les heures, la Dimona et le registre de présences.

Flexi-job, étudiant ou extra : comment choisir ?

Les trois régimes cohabitent, mais ils ne répondent pas aux mêmes besoins.

RégimeProfilCotisationsPlafondMeilleur cas d'usage
Flexi-job4/5e ailleurs ou pensionnéPatron 28 %, travailleur 0 %12 000 € nets/an (non pensionné)Renforts réguliers du week-end, seniors dispo la journée
Job étudiantMoins de 25 ans scolariséONSS de solidarité 8,13 %650 h/an (2026)Job de vacances, renforts ponctuels
Extra horecaTout travailleurONSS classique2 jours consécutifs maxÉvénements one-shot, banquets

Un bon planning combine souvent les trois. Un logiciel de gestion du temps de travail permet de distinguer les régimes, d'envoyer la bonne Dimona pour chaque prestation et de suivre les plafonds en temps réel.

Gérer ses flexi-jobbers avec Shyfter

Gérer un pool de flexis à la main, c'est trois risques garantis : Dimona oubliée, plafond dépassé, registre de présences incomplet. Dans l'horeca, l'inspection sociale a contrôlé plus de 4 000 établissements en 2024-2025, avec des amendes moyennes de 1 800 € par infraction.

Shyfter centralise tout ce qui touche au flexi-job :

  • Planning glissant : vous ajoutez un flexi-jobber à un service, il reçoit une notification sur son app.
  • Dimona automatique : dès qu'une prestation est confirmée, la déclaration part vers l'ONSS.
  • Pointage mobile ou borne : le flexi pointe via son smartphone, la borne de caisse ou un badge.
  • Registre de présences électronique : conforme ONSS, exportable pour le contrôle.
  • Suivi des plafonds : un tableau de bord alerte quand un flexi approche les 12 000 € nets/an.
  • Export paie : vos prestations flexis partent directement vers votre secrétariat social (SD Worx, Acerta, Liantis, Securex, Partena…).

Le gérant garde la main sur son planning, le flexi sait exactement quand il bosse, le secrétariat social reçoit des données propres. En Belgique, plus de 50 000 travailleurs flexi passent déjà par Shyfter chaque mois.

Pour structurer votre temps de travail autour des flexis, commencez par une vue planning hebdomadaire et une règle de pointage unique pour tous vos régimes.

FAQ

Un flexi-jobber peut-il travailler plusieurs jours d'affilée ?

Oui, sans limite spécifique au flexi. Il doit juste respecter la durée de travail belge : 11 h/jour et 50 h/semaine, avec 11 h de repos entre deux prestations.

Le flexi-job ouvre-t-il des droits au chômage ?

Non. Les prestations flexi ne génèrent pas de droit au chômage ni à la pension complémentaire, puisque aucune ONSS de base n'est prélevée côté travailleur. C'est le revers de la taxation à 0 %.

Peut-on engager un flexi-jobber en CDI ?

Non. Un flexi-job est par définition un régime de contrats courts, prestation par prestation, sur base d'un contrat-cadre. Pour engager en CDI, il faut passer en contrat classique.

Que se passe-t-il si le plafond de 12 000 € est dépassé ?

Au-delà du plafond, les revenus flexi suivants dans l'année deviennent imposables au taux progressif classique. L'employeur perd aussi l'avantage de cotisation réduite sur les heures excédentaires. Le travailleur reçoit un précompte à régulariser via sa déclaration fiscale.

Un flexi-jobber a-t-il droit à des congés payés ?

Un pécule de vacances spécifique (7,67 %) est inclus dans le salaire horaire. Il n'y a donc pas de jours de congé rémunérés à prendre séparément comme en régime classique.

Comment l'ONSS contrôle-t-il les flexis ?

Via la nouvelle application de contrôle "Staff on Field", l'inspection vérifie en temps réel que chaque personne présente sur le lieu de travail a bien une Dimona active. Un simple flash du QR code de l'établissement suffit à l'inspecteur pour voir tous les travailleurs déclarés.

Envie d'arrêter de jongler avec les papiers ?

Les flexi-jobs sont une opportunité réelle pour les PME belges : à condition de gérer proprement les contrats, les Dimona et les plafonds. Avec Shyfter, vos plannings, vos pointages et vos déclarations tiennent dans une seule plateforme, connectée à votre secrétariat social.

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