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Jours fériés 2026 en Belgique : dates, paie et planning d'équipe

Par

Salome Mikulinski

HR Marketer & Communication Specialist

Mis à jour le :

1/6/2026

En bref : la Belgique compte dix jours fériés légaux en 2026. Deux d'entre eux tombent un week-end (le samedi 15 août et le dimanche 1er novembre) et doivent être remplacés par un autre jour pour qui ne travaille pas ce jour-là. Un salarié qui preste un férié garde sa rémunération et touche un repos compensatoire payé; le sursalaire, lui, dépend de votre commission paritaire. Mal anticiper ces règles, c'est risquer des arriérés de salaire et une remarque salée lors d'un contrôle social.

Un jour férié, ça paraît être la notion la plus simple du droit social belge. Un jour de congé, salaire maintenu, point. Puis vous engagez du personnel, et il faut soudain décider quoi faire de ce dimanche 1er novembre. De ce serveur qui tourne le soir de Noël. De cette pharmacienne de garde le jour de l'Ascension.

Sur le terrain, les gérants butent chaque année sur les mêmes trois questions. Quels jours comptent vraiment ? Comment gérer un férié qui tombe un week-end ? Et que doit-on à quelqu'un qui bosse ce jour-là ? On passe les règles 2026 en revue, avec des chiffres, des exemples vécus et les erreurs qu'on voit le plus souvent.

Les dix jours fériés légaux en Belgique en 2026

La loi du 4 janvier 1974 fixe dix jours fériés payés. Pour 2026, le calendrier ressemble à ceci :

DateJour fériéJour de la semaine
1er janvier 2026Nouvel Anjeudi
6 avril 2026Lundi de Pâqueslundi
1er mai 2026Fête du Travailvendredi
14 mai 2026Ascensionjeudi
25 mai 2026Lundi de Pentecôtelundi
21 juillet 2026Fête nationalemardi
15 août 2026Assomptionsamedi
1er novembre 2026Toussaintdimanche
11 novembre 2026Armisticemercredi
25 décembre 2026Noëlvendredi

Bonne nouvelle pour 2026 : huit des dix fériés tombent en semaine. Seuls deux posent la question du week-end. L'Assomption le samedi 15 août, et la Toussaint le dimanche 1er novembre. Pour une équipe qui ne travaille jamais le week-end, ces deux-là ouvrent droit à un jour de remplacement. On y revient juste après.

Attention à ne pas confondre ces dix jours avec les fêtes communautaires. Le 11 juillet (Communauté flamande), le 27 septembre (Fédération Wallonie-Bruxelles) ou la fête de la Région bruxelloise ne sont pas des jours fériés légaux pour le secteur privé. Ils ne valent que pour le personnel des administrations concernées, sauf si votre règlement de travail les prévoit noir sur blanc.

Un férié le week-end : la règle du jour de remplacement

C'est ici que ça coince pour beaucoup de patrons. Un jour férié qui coïncide avec un dimanche, ou avec un jour habituel d'inactivité dans l'entreprise, doit être remplacé par un autre jour de la même année civile. La règle est posée par la loi sur les jours fériés et relayée par l'ONSS.

Ce jour de remplacement se fixe collectivement : via la commission paritaire, le conseil d'entreprise, ou un accord avec la délégation syndicale. À défaut d'accord collectif, l'employeur tranche, en concertation avec chaque travailleur. Le choix doit figurer dans le règlement de travail, idéalement avant le 15 décembre de l'année précédente. Beaucoup de PME l'oublient et bricolent un arrangement verbal à la dernière minute. Ça passe. Jusqu'au jour où ça casse.

Un exemple concret. Une boulangerie liégeoise de douze salariés avait eu l'idée maligne de remplacer la Toussaint par le 2 janvier, histoire d'offrir un long week-end de Nouvel An. Excellente initiative, à un détail près : rien n'était écrit. L'inspection sociale est passée au mois de mars, et le boulanger a dû octroyer puis payer les douze jours de remplacement une seconde fois. Facture : environ neuf mille euros. Une simple ligne dans le règlement de travail aurait suffi.

Ce qu'on oublie souvent, c'est que le jour de remplacement garde le statut du férié. Il est payé, il ne se prend pas sur le quota de congés légaux, et il se planifie comme n'importe quel jour de repos protégé.

Qui touche son salaire un jour férié ?

La règle est limpide. Tout travailleur en service le jour férié, et qui n'a pas été licencié pour motif grave, conserve sa rémunération journalière normale. Pas de prestation, mais salaire maintenu. Cela vaut pour les temps plein, les temps partiel, les employés, les ouvriers, les flexi-jobs et même les étudiants qui auraient normalement dû travailler ce jour-là.

Autre point que peu d'employeurs connaissent : le droit au férié payé survit parfois au départ du travailleur. Quelqu'un quitte votre établissement le 28 novembre 2026 ? Vous lui devez encore Noël si son contrat a duré au moins quinze jours sans interruption. Le départ remonte à plus d'un mois d'ancienneté ? Les fériés qui tombent dans les trente jours suivant la fin du contrat restent dus. Les bornes précises figurent dans les instructions de l'ONSS.

Pour les temps partiel, le calcul demande un peu d'attention. Prenons une vendeuse qui preste vingt-quatre heures réparties sur le lundi, le mardi et le mercredi. Elle a droit au salaire du férié si celui-ci tombe l'un de ces trois jours. S'il tombe un jeudi, en principe non, sauf horaire variable où ce jeudi aurait pu être travaillé selon le planning.

Un bon planning de congés payés tient compte de ces chevauchements dès le début d'année, plutôt que de les découvrir au moment de boucler la paie.

Travailler un jour férié : sursalaire et repos compensatoire

Dans l'horeca, le commerce et les soins, prester un férié n'est pas l'exception. C'est la norme. La loi encadre cette situation avec deux mécanismes qu'il faut distinguer, parce qu'on les mélange tout le temps.

D'abord, le repos compensatoire. C'est le socle légal, valable dans tous les secteurs. Le travailleur qui preste un férié reçoit une journée de repos payée, à prendre dans les six semaines. Une journée complète si le travail a dépassé quatre heures, une demi-journée s'il est resté sous les quatre heures. Ce repos ne se confond jamais avec les congés annuels; il vit dans une comptabilité à part.

Ensuite, le sursalaire. Lui ne vient pas de la loi générale sur les fériés, mais de votre commission paritaire. Beaucoup de CCT sectorielles, dont celle de l'horeca, prévoient un supplément pour les heures prestées un férié. Le pourcentage exact varie selon le secteur. Avant de calculer une paie, vérifiez la CCT applicable; votre secrétariat social vous donne le taux en deux minutes.

Un calcul issu du terrain. Un cuisinier dans une brasserie de soixante couverts à Ixelles travaille le 1er janvier, de 11h à 22h, avec une heure de pause. Dix heures prestées, taux horaire brut autour de quatorze euros cinquante. Pour cette journée, il garde sa rémunération et, surtout, il décroche une journée pleine de repos compensatoire payée. Oubliez ce repos, et vous lui devez encore une journée complète, soit cent quarante-cinq euros qui s'ajoutent. Multipliez par une brigade de huit, et la note grimpe vite.

Et si le férié tombe un dimanche et que vous faites travailler ? Les suppléments ne s'empilent pas joyeusement. Pour la Toussaint 2026, qui tombe un dimanche, vous appliquez le régime du férié (repos compensatoire, plus le sursalaire prévu par votre CCT), sans cumuler deux fois la prime du dimanche. Le traitement des heures supplémentaires suit, lui, une logique distincte qu'il ne faut pas confondre avec le sursalaire de férié.

Horeca, retail, soins : ce qui change selon le secteur

Tous les secteurs ne fonctionnent pas avec le même régime, et c'est une source de confusion permanente.

Dans l'horeca (CP 302), travailler un férié fait partie du métier. La CCT prévoit donc une certaine souplesse sur le moment où le repos compensatoire est pris, avec un délai qui peut s'étirer au-delà des six semaines quand c'est fixé collectivement. En contrepartie, le supplément de férié s'applique strictement, flexi-jobs et extras compris. Si vous gérez du personnel sous ce régime, le barème horeca 2026 reste votre première référence pour ne pas vous tromper de taux.

Dans le commerce, vous pouvez occuper du personnel un férié, à condition de respecter les heures d'ouverture légales. Certaines communes imposent des règles locales. Un Carrefour Market à Charleroi peut en principe ouvrir le jour de l'Ascension, mais doit composer avec le règlement de police communal. Le travail presté ce jour-là génère salaire, sursalaire éventuel et repos compensatoire, comme ailleurs.

Dans les soins (CP 330), les fériés sont souvent planifiés comme des jours ordinaires pour assurer la continuité. Le repos compensatoire passe alors fréquemment par un compteur annuel régularisé par trimestre. Une maison de repos du Brabant wallon, septante résidents, nous racontait récemment avoir arrêté de tenir ce compteur à la main : trop de discussions en fin d'année sur qui avait droit à quoi. Chez Shyfter, l'erreur qu'on rencontre le plus, justement, c'est ce repos compensatoire noté nulle part, ou griffonné sur un coin de feuille, qui s'évapore avant d'être pris.

Comment construire vos plannings autour des fériés 2026

Anticiper, ça paie. Et un planning solide ne se résume pas à la disponibilité des équipes; il intègre la loi.

Voici les trois chantiers à régler dès janvier pour le reste de l'année :

  • Fixez par écrit les jours de remplacement de l'Assomption (15 août, samedi) et de la Toussaint (1er novembre, dimanche), et inscrivez-les au règlement de travail.
  • Repérez les ponts naturels : l'Ascension du jeudi 14 mai appelle le vendredi 15, et beaucoup d'équipes voudront poser ce pont. Tranchez tôt qui reste.
  • Provisionnez les repos compensatoires des fériés prestés, pour ne pas les perdre de vue six semaines plus tard.

Dans la pratique, le gérant qui jongle avec ses remplacements par messages sur son GSM finit toujours par en oublier un. C'est humain. Notre retour du terrain est simple : ce qui n'est pas tracé dans l'outil de planning n'existe pas le jour du contrôle. Un temps de pause correctement encodé, un repos compensatoire visible dans le planning, un jour de remplacement validé d'avance : c'est ce trio qui vous évite les mauvaises surprises.

À retenir, aussi : les absences longues, comme un crédit-temps en cours, modifient le droit aux fériés payés. Pensez à recalculer pour les salariés concernés plutôt que d'appliquer le même traitement à tout le monde.

Foire aux questions

Combien y a-t-il de jours fériés légaux en Belgique en 2026 ?

Dix, comme chaque année depuis la loi du 4 janvier 1974. Deux tombent un week-end en 2026 : le samedi 15 août et le dimanche 1er novembre.

Un jour férié qui tombe un dimanche est-il perdu ?

Non. Il est remplacé par un autre jour de la même année civile, fixé collectivement ou, à défaut, par l'employeur en concertation avec le travailleur. Ce jour de remplacement reste payé.

Faut-il payer un salarié qui ne travaille pas le jour férié ?

Oui. Tout travailleur en service ce jour-là conserve sa rémunération normale, qu'il preste ou non. Le droit subsiste même un certain temps après la fin du contrat.

Quel supplément pour quelqu'un qui travaille un férié ?

Le repos compensatoire payé est garanti par la loi : une journée si plus de quatre heures prestées, une demi-journée sinon, à prendre dans les six semaines. Le sursalaire éventuel dépend de votre commission paritaire, par exemple la CP 302 dans l'horeca.

Le 11 juillet est-il un jour férié en Belgique ?

Pas au sens légal pour le secteur privé. C'est la fête de la Communauté flamande, fériée pour certaines administrations seulement, sauf mention contraire dans votre règlement de travail.

Préparez vos plannings 2026 sans rien oublier

Les fériés ne sont pas qu'une affaire de dates. C'est de la paie, des remplacements à tracer et des repos compensatoires à ne pas laisser filer. Shyfter centralise tout ça dans un seul planning : jours de remplacement validés, compteurs de repos visibles, alertes quand un férié approche.

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