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Calcul du taux de rotation du personnel : la méthode et le tableau 2026

Par

Lionel Hermans

CEO

Mis à jour le :

31/8/2026

Vous avez remplacé quatre personnes en six mois et vous sentez que quelque chose déraille, sans réussir à le poser en chiffres. Votre secrétariat social vous parle de « rotation élevée », votre comptable voit une masse salariale qui gonfle sans que l’effectif bouge. Le calcul du taux de rotation du personnel met un pourcentage sur cette impression, et surtout un montant en euros.

Voici la formule, les trois variantes qui comptent, et deux tableaux remplis avec des chiffres belges de 2025 et 2026.

La formule du taux de rotation du personnel, et ses trois variantes

La formule tient en une ligne : vous divisez le nombre de départs sur une période par l’effectif moyen de cette même période, puis vous multipliez par cent.

Le piège n’est pas dans la division. Il est dans ce que vous mettez au numérateur. Un patron de salle qui compte ses étudiants du samedi comme des départs obtiendra un taux à trois chiffres, ce qui ne veut plus rien dire. Un autre qui ne compte que les démissions passera à côté des licenciements et se rassurera à tort.

Trois calculs, donc, et ils ne racontent pas la même histoire.

VarianteNumérateurCe qu’elle mesureQuand l’utiliser
Rotation globaleTous les départs, quelle qu’en soit la causeLa pression totale sur vos recrutementsBudget, plan de charge annuel
Rotation volontaireDémissions et ruptures à l’initiative du travailleurLa qualité de vie au travail chez vousDiagnostic managérial
Rotation involontaireLicenciements, fins de contrat à votre initiative, failliteVos erreurs de casting et vos ajustements d’effectifRecrutement, période d’essai

À retenir : la rotation volontaire est celle qui doit vous inquiéter. Un licenciement, vous l’avez décidé. Une démission, vous l’avez subie.

Comment calculer le taux de rotation du personnel étape par étape ?

Prenez une période fermée, en général l’année civile. Un calcul sur trois mois dans un secteur saisonnier ne vous apprend rien : l’horeca perd naturellement du monde en septembre, le retail en janvier.

Relevez ensuite votre effectif au premier jour et au dernier jour de la période, puis faites la moyenne des deux. Beaucoup d’outils RH belges calculent l’effectif moyen en unités et non en équivalents temps plein, ce qui a du sens ici : un départ reste un départ, qu’il s’agisse d’un mi-temps ou d’un plein temps. Si votre effectif varie fortement en cours d’année, faites plutôt la moyenne des douze relevés mensuels, le résultat sera nettement plus honnête.

Comptez enfin les départs, en écartant trois cas qui faussent tout : les contrats étudiants et les extras engagés pour une date précise, les fins de contrat de remplacement, et les mutations internes entre vos établissements. Ces personnes ne sont pas parties, elles n’étaient pas censées rester.

Chez Shyfter, on voit souvent des gérants oublier le quatrième cas : la personne qui a démissionné, puis qui revient trois mois plus tard. Elle compte une fois au départ et une fois à l’entrée. Ce n’est pas une erreur, c’est un signal, et c’est même le plus intéressant de tous.

Le tableau chiffré : trois brasseries bruxelloises sur l’année 2025

Passons à un cas typique : un groupe de trois brasseries, entre Flagey et Saint-Gilles. Effectif au 1er janvier 2025 : 38 personnes. Effectif au 31 décembre : 42. Vingt-six contrats étudiants ont été écartés du calcul.

Ligne de calculValeur
Effectif au 1er janvier 202538
Effectif au 31 décembre 202542
Effectif moyen : (38 + 42) / 240
Départs volontaires (démissions)9
Départs involontaires (licenciements, fin de période d’essai)4
Total des départs13
Rotation globale : 13 / 40 x 10032,5 %
Rotation volontaire : 9 / 40 x 10022,5 %
Rotation involontaire : 4 / 40 x 10010,0 %

Trente-deux et demi pour cent. Le groupe a donc renouvelé près d’un tiers de ses équipes en douze mois, pour un effectif qui, vu de l’extérieur, semblait stable et même en légère croissance. C’est tout l’intérêt de l’exercice : la photo de fin d’année ne montre rien du film.

Deuxième exemple, très différent. Une société de nettoyage liégeoise, septante-huit personnes en effectif moyen, vingt-six départs sur 2025, soit 33,3 %. Presque le même taux que les brasseries. Sauf que dix-sept de ces vingt-six départs sont survenus dans les six premiers mois du contrat. Ce n’est plus un problème de rétention, c’est un problème de recrutement et d’accueil, et cela ne se soigne pas avec les mêmes leviers.

Quel est un bon taux de rotation en Belgique en 2026 ?

Il existe un repère national solide. Dans ses chiffres publiés le 29 janvier 2026, Securex mesure un taux de départs volontaires de 9,61 % pour 2025, contre 10,78 % en 2024, soit un recul de près de 11 %. Les départs involontaires, eux, restent stables à 5,76 %, avec une part imputable aux faillites qui grimpe de 0,36 % à 0,55 %. Additionnez : la rotation totale belge s’établit autour de 15,4 % pour 2025.

Les brasseries de notre exemple sont donc à plus du double de la moyenne nationale. C’est beaucoup, mais c’est banal en horeca, où la rotation a toujours tourné à un rythme sans rapport avec le reste de l’économie.

Repère 2025Taux
Départs volontaires, moyenne belge (Securex)9,61 %
Départs involontaires, moyenne belge (Securex)5,76 %
Rotation totale, moyenne belge15,37 %
Brasseries bruxelloises de notre exemple32,5 %
Société de nettoyage liégeoise de notre exemple33,3 %

Un détail change la lecture de tout ça. Le marché s’est refroidi : Statbel comptait 140 462 postes vacants au premier trimestre 2026, contre 145 896 au trimestre précédent, et le taux de postes vacants est passé de 3,50 % à 3,42 %. Autrement dit, vos gens partent moins facilement qu’il y a deux ans. Si votre rotation reste haute dans ce contexte, ce n’est plus le marché qui tire, c’est votre organisation qui pousse.

Ce qu’un seul départ coûte vraiment

Le pourcentage ne fait bouger personne en réunion. Le montant, si. Reprenons la brasserie bruxelloise et chiffrons un remplacement de commis de salle, avec un coût horaire employeur d’environ 23 euros pour un profil de salle et 35 euros pour le gérant qui recrute. Ces coefficients viennent de la même mécanique que le calcul du coût salarial en Belgique, charges patronales comprises.

Poste de coûtDétailMontant
Diffusion de l’annoncejobboard horeca, une insertion250 €
Tri, entretiens, candidats qui ne viennent pas9 h de gérant à 35 €315 €
Administratif : contrat, Dimona, badge, accès caisse1 h 30 à 35 €53 €
Doublure et formation24 h à 23 €, formateur et formé confondus552 €
Sous-productivité les six premières semainesenviron 38 h de rendement perdu à 23 €874 €
Heures supplémentaires de l’équipe pendant le trou30 h majorées900 €
Total par départ ≈ 2 950 €

Multipliez par les treize départs de 2025 : environ 38 350 euros. Pour un groupe de quarante personnes, c’est un poste de charge invisible qui pèse plus lourd qu’une rénovation de terrasse, et qui n’apparaît sur aucune ligne comptable.

Recalculez ce tableau avec vos propres chiffres avant de le citer. Les montants ci-dessus sont un modèle, pas une statistique nationale.

Pourquoi le planning fait-il bouger l’aiguille plus vite qu’une prime ?

Parce que la prime arrive après, et que le planning se vit tous les jours.

Quand on interroge les gens qui viennent de partir, la même chose revient dans presque toutes les conversations : ils ne savaient pas de quoi leur semaine suivante serait faite. Horaire publié le vendredi pour le lundi, changement annoncé par GSM la veille, coupure imposée un dimanche sur deux sans rotation équitable. Ce n’est pas le salaire qui craque en premier, c’est la vie privée.

Notre retour du terrain est assez net sur deux points. Les établissements qui publient leur planning quinze jours à l’avance voient leur rotation volontaire baisser sans avoir touché aux barèmes. Et ceux qui répartissent les week-ends et les coupures selon une règle visible de tous perdent beaucoup moins de monde que ceux qui arbitrent au cas par cas, même quand l’arbitrage est juste. La transparence compte autant que l’équité.

Concrètement, trois leviers se pilotent depuis un outil de planning :

  • publier tôt et figer les horaires, pour que chacun organise sa semaine
  • répartir automatiquement les créneaux ingrats selon une règle connue, plutôt qu’à la tête du client
  • suivre mois par mois qui accumule les coupures, les nuits et les week-ends, avant que la personne ne démissionne

C’est exactement le travail que fait la gestion de planning de Shyfter : publication anticipée, échanges de shifts encadrés, historique des heures par personne. Et pour transformer votre taux de rotation en indicateur suivi plutôt qu’en calcul annuel fait à la main, les rapports Smart Analytics sortent les entrées, les sorties et l’ancienneté moyenne par établissement.

Selon votre secteur, les mécaniques diffèrent sensiblement : les leviers de rétention en horeca n’ont pas grand-chose à voir avec ceux de l’industrie et des services, où la rotation se joue surtout sur les équipes de nuit et les 3x8.

Un dernier mot, et c’est peut-être le plus utile. Calculez votre taux deux fois par an, pas une. Sur douze mois, une dérive du printemps est déjà noyée dans la moyenne quand vous la découvrez en février.

Vous voulez voir à quoi ressemblent vos chiffres de rotation dans un outil plutôt que dans un fichier Excel ? Demandez une démo gratuite, on la fait avec vos propres plannings.

Questions fréquentes

Faut-il compter les contrats étudiants dans le calcul du taux de rotation ?

Non, sauf si vous les employez toute l’année sur des créneaux réguliers. Un étudiant engagé pour un été ou pour les samedis de décembre part à la date prévue : ce n’est pas une rotation, c’est la fin normale d’un contrat. Les inclure gonfle artificiellement votre taux et rend toute comparaison avec la moyenne du secteur impossible.

Sur quelle période faut-il calculer son taux de rotation ?

Sur une année civile complète, pour neutraliser la saisonnalité. Un calcul trimestriel donne des résultats trompeurs dans l’horeca, le retail et l’événementiel, où les départs se concentrent sur quelques semaines. Si vous voulez un suivi plus fin, gardez la base annuelle glissante et recalculez-la chaque semestre.

Quel est le taux de rotation moyen en Belgique ?

D’après les chiffres publiés par Securex le 29 janvier 2026, les départs volontaires ont représenté 9,61 pour cent des travailleurs en 2025 et les départs involontaires 5,76 pour cent, soit une rotation totale d’environ 15,4 pour cent. L’horeca, le nettoyage et le retail se situent nettement au-dessus de cette moyenne.

Un taux de rotation élevé est-il toujours un mauvais signe ?

Pas systématiquement. Dans l’événementiel ou la restauration rapide, un taux de vingt-cinq à trente-cinq pour cent fait partie du modèle et se pilote. Ce qui doit vous alerter, c’est la rotation précoce : quand plus de la moitié des départs surviennent dans les six premiers mois, le problème vient du recrutement et de l’accueil, pas de la fidélisation.

Icône Shyfter

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Shyfter est bien plus qu’un simple outil de planning, c’est une solution complète de gestion du personnel, pensée pour vous faire gagner du temps.