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Repos compensateur en France : règles, calcul et obligations légales

Par

Salome Mikulinski

HR Marketer & Communication Specialist

Mis à jour le :

29/4/2026

Repos compensateur en France : règles, calcul et obligations légales

Votre salarié vient de dépasser les 220 heures supplémentaires annuelles. Vous lui devez un repos compensateur. Mais de combien d'heures exactement ? À quelle date doit-il poser ce repos ? Et surtout, comment suivre tout ça dans une entreprise avec une trentaine d'employés aux horaires variables ?

Le repos compensateur est l'un de ces sujets RH qui semblent simples en surface et qui déclenchent, dans la pratique, pas mal de questions. Avec les bons réflexes, ce n'est pas si compliqué. Voici ce que vous devez savoir.

Sommaire

  1. Les deux types de repos compensateur
  2. Le contingent d'heures supplémentaires : le seuil déclencheur
  3. Comment calculer la contrepartie obligatoire en repos ?
  4. Les obligations de l'employeur
  5. Ce que prévoit la convention collective HCR
  6. Les erreurs les plus fréquentes
  7. Gérer le repos compensateur avec un logiciel
  8. FAQ

Les deux types de repos compensateur

Commençons par clarifier un point que beaucoup confondent. "Repos compensateur" est un terme générique qui recouvre deux mécanismes très différents. Ils ne fonctionnent pas du tout de la même façon.

Le repos compensateur de remplacement (RCR)

Le repos compensateur de remplacement, c'est un accord : plutôt que de payer les heures supplémentaires avec la majoration habituelle (25% ou 50%), l'employeur les compense en temps de repos. Ce mécanisme est facultatif. Il faut un accord d'entreprise ou de branche pour le mettre en place, et il peut remplacer tout ou partie de la majoration en argent.

Un exemple simple : un employé fait 4 heures supplémentaires majorées à 25%. Cela représente 5 heures payées (4 × 1,25). Avec un RCR, ces 5 heures lui sont données sous forme de repos. L'entreprise allège sa masse salariale, le salarié récupère du temps libre. Les deux y trouvent souvent leur compte.

Ce qui est important à retenir : le RCR ne supprime pas la majoration. Il la transforme en heures de repos équivalentes.

La contrepartie obligatoire en repos (COR)

Là, c'est une autre histoire. La contrepartie obligatoire en repos s'applique automatiquement, sans aucun accord nécessaire, dès que le salarié dépasse le contingent annuel d'heures supplémentaires. C'est prévu directement par le Code du travail.

Vous n'avez pas le choix.

Et la COR vient s'ajouter à la majoration de salaire. Elle ne la remplace pas. C'est ce que beaucoup d'employeurs découvrent trop tard, souvent lors d'un contrôle ou d'un départ en litige.


Le contingent annuel d'heures supplémentaires : le seuil déclencheur

Le contingent légal est fixé à 220 heures par an et par salarié, conformément à l'article D.3121-24 du Code du travail. C'est le seuil au-delà duquel la contrepartie obligatoire en repos devient due.

Mais attention - et c'est un point souvent négligé - une convention collective ou un accord d'entreprise peut prévoir un contingent différent. Plus élevé ou plus bas selon le secteur. Vérifiez toujours la convention applicable à votre activité avant de vous fier aux 220 heures légales.

À retenir aussi : le contingent se calcule sur l'année civile, pas sur 12 mois glissants. Un salarié qui effectue beaucoup d'heures en novembre et décembre peut paraître dans les normes sur les derniers mois. Mais si on additionne l'ensemble de l'année, il a peut-être largement dépassé le seuil. C'est pourquoi un suivi annuel - pas seulement mensuel - est indispensable.


Comment calculer la contrepartie obligatoire en repos ?

Le calcul de la COR repose sur deux paramètres : le nombre d'heures supplémentaires effectuées au-delà du contingent, et le taux applicable à votre entreprise selon sa taille.

Pour les entreprises de moins de 20 salariés : chaque heure supplémentaire au-delà du contingent ouvre droit à 50% de repos compensateur. Deux heures de dépassement = une heure de repos.

Pour les entreprises de 20 salariés et plus : le taux est de 100%. Deux heures de dépassement = deux heures de repos.

Un exemple concret

Manon est responsable de salle dans un restaurant de quarante couverts à Bordeaux. L'établissement emploie 24 personnes. Au 31 décembre, Manon a cumulé 258 heures supplémentaires sur l'année. Elle dépasse donc le contingent de 38 heures (258 - 220).

Taux applicable pour une entreprise de 24 salariés : 100%. Manon a droit à 38 heures de contrepartie obligatoire en repos. Ces droits s'accumulent semaine après semaine, et dès que le seuil de 7 heures est atteint, l'employeur a l'obligation d'agir.

Même scénario, mais dans une épicerie fine de 11 salariés à Nantes : si un employé dépasse le contingent de 20 heures, il a droit à 10 heures de COR (20 × 50%). Même dépassement - deux fois moins de repos dû, parce que le taux est différent. Le nombre de salariés dans l'entreprise change tout.


Les obligations de l'employeur

Connaître les règles de calcul, c'est une chose. Les respecter dans la pratique au quotidien, c'en est une autre. Voici ce que la loi vous impose concrètement.

Informer le salarié dès 7 heures acquises

Quand un salarié a accumulé 7 heures de droits à COR, vous devez l'en informer. Cette information doit apparaître sur le bulletin de paie, avec le cumul des heures de COR acquises, prises et restantes. C'est obligatoire. Si ce suivi est absent du bulletin, vous exposez votre entreprise à des sanctions lors d'un contrôle URSSAF - même si vos calculs sont corrects par ailleurs.

La règle des 2 mois

Une fois informé, le salarié dispose de 2 mois pour poser son repos compensateur, à une date convenant aux deux parties. L'employeur peut refuser une date proposée : c'est son droit. Mais il est tenu de proposer une alternative dans ce même délai de 2 mois.

Ce qu'on oublie souvent : si aucune date n'est fixée dans les 2 mois, le salarié peut réclamer une indemnisation. Pas de repos pris dans le délai légal = indemnité due. C'est automatique, sans besoin d'une décision de justice.

Les droits ne s'évaporent pas en fin d'année

Les droits à COR non pris ne disparaissent pas au 31 décembre. Ils s'accumulent et restent dus - y compris après la fin du contrat de travail. Un salarié saisonnier qui part en septembre avec des heures de COR non prises conserve ses droits. Le solde doit figurer dans son solde de tout compte.


Ce que prévoit la convention collective HCR

L'hôtellerie-restauration est le secteur où la gestion des heures supplémentaires et du repos compensateur est la plus fréquente. Les plannings en coupure, les soirées, les week-ends : les heures s'accumulent vite, parfois sans que personne ne tienne le compte.

La convention collective HCR prévoit des dispositions spécifiques sur les heures supplémentaires et leur contingent. Le taux de majoration et les modalités de récupération peuvent différer du droit commun selon les accords de branche en vigueur dans votre établissement. Il ne faut pas supposer que les 220 heures légales s'appliquent telles quelles.

Dans la pratique, les restaurateurs que nous accompagnons sont souvent surpris de découvrir que leurs extras ou leurs saisonniers ont cumulé des droits à COR - parfois sans que personne n'ait fait le suivi. Et quand la saison se termine, les droits restent dus, même si le contrat est terminé.


Les erreurs les plus fréquentes

La première, c'est de confondre RCR et COR. Le repos compensateur de remplacement est une option que vous choisissez d'activer via un accord. La contrepartie obligatoire en repos, elle, s'applique de plein droit dès le dépassement du contingent. Les deux peuvent coexister dans la même entreprise - ce qui complique encore un peu le suivi.

Deuxième erreur : ne pas suivre les droits acquis tout au long de l'année. Chez Shyfter, on voit souvent des gérants qui gèrent très bien la paie des heures supplémentaires mais qui n'ont jamais mis en place un suivi des droits à COR. Résultat : à l'occasion d'un départ ou d'un contrôle, ils découvrent un passif de plusieurs dizaines d'heures de repos non prises - et la facture qui va avec.

Une chaîne de boulangeries de sept points de vente en Île-de-France a fait face, lors d'un contrôle URSSAF, à un rappel sur trois ans pour manquement à l'obligation d'information. Pas de fraude, pas d'erreur de calcul - simplement des bulletins qui ne mentionnaient pas les droits à COR acquis. Le rappel a couvert l'ensemble des droits non notifiés, avec majorations.

Troisième erreur, plus subtile : croire que le logiciel de paie gère tout. Si votre prestataire de paie n'a pas paramétré le suivi des droits à COR sur les bulletins, vous pouvez avoir tout calculé correctement en interne et être quand même en infraction sur l'obligation d'information. Le paramétrage compte autant que le calcul.


Gérer le repos compensateur avec un logiciel

Calculer le repos compensateur à la main dans une petite structure de cinq personnes, ça reste faisable. Avec trente salariés aux horaires tournants, c'est une source permanente d'erreurs et d'oublis.

Un logiciel de gestion des heures supplémentaires calcule automatiquement les heures travaillées par chaque salarié, compare au contingent applicable à votre convention collective, et détermine les droits à COR en temps réel. Vous recevez une alerte dès qu'un salarié atteint le seuil de 7 heures. Plus besoin de surveiller manuellement un tableau Excel qui prend du retard dès la première absence imprévue.

Le suivi s'intègre directement avec le planning du personnel : quand un salarié pose son repos compensateur, il apparaît dans le planning comme n'importe quelle absence. Les équipes voient les disponibilités en temps réel, les remplacements se prévoient sans friction. Et du côté de la préparation de la paie, les données remontent automatiquement. Les droits à COR figurent sur le bulletin sans aucune intervention manuelle.

Résultat : moins d'erreurs, moins de risques lors d'un contrôle, et moins de temps perdu à reconstruire des historiques que personne n'avait pensé à conserver.

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FAQ

Qu'est-ce que le repos compensateur de remplacement ?

C'est la possibilité, prévue par un accord collectif (entreprise ou branche), de remplacer la majoration salariale des heures supplémentaires par un temps de repos équivalent. Il n'est pas automatique : il faut un accord. Il peut couvrir tout ou partie de la majoration.

Qu'est-ce que la contrepartie obligatoire en repos (COR) ?

C'est un droit automatique qui s'applique dès que le salarié dépasse le contingent annuel d'heures supplémentaires - soit 220 heures légalement, ou le contingent prévu par votre convention collective. La COR s'ajoute à la majoration de salaire : elle ne la remplace pas.

Comment calculer les droits à COR ?

Multipliez le nombre d'heures supplémentaires au-delà du contingent par le taux applicable : 50% pour les entreprises de moins de 20 salariés, 100% pour celles de 20 salariés et plus.

Quand l'employeur doit-il informer le salarié ?

Dès que le salarié a acquis 7 heures de droits à COR. Cette information doit figurer sur le bulletin de paie, avec le cumul des heures acquises, utilisées et restantes.

Quel est le délai pour prendre le repos compensateur ?

Le salarié dispose de 2 mois à partir de l'acquisition pour poser son repos. L'employeur peut refuser une date proposée mais doit en proposer une autre dans ce délai. Passé 2 mois sans date fixée, le salarié peut demander une indemnisation.

Les droits à COR se perdent-ils à la fin de l'année ?

Non. Les droits non pris se reportent et restent dus, y compris après la fin du contrat de travail. Ils s'accumulent jusqu'à ce qu'ils soient pris ou indemnisés au moment du solde de tout compte.

Est-ce que Shyfter gère automatiquement le repos compensateur ?

Oui. Shyfter suit les heures supplémentaires en temps réel, calcule les droits à COR par salarié, envoie des alertes à l'employeur dès que le seuil de 7 heures est atteint, et intègre ces données dans la préparation de la paie et la gestion des absences.

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