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Enregistrement des présences en Belgique : qui est concerné et comment s’y tenir

Par

Brice Feron

Head of Revenue Operations

Mis à jour le :

7/10/2026

Un inspecteur social se présente à 7 h 40 sur un site que vos agents nettoient depuis six heures du matin. Il ne demande ni le planning ni les fiches de paie : il ouvre l’ONSS sur sa tablette et compare. Trois personnes présentes, deux enregistrées. L’enregistrement des présences, c’est exactement ça, et il ne pardonne pas l’à-peu-près.

Le problème, c’est que l’expression recouvre en Belgique plusieurs régimes qui n’ont ni les mêmes secteurs, ni les mêmes outils, ni le même calendrier. Cet article fait le tri, secteur par secteur, avec les dates qui comptent jusqu’en 2027.

Qu’est-ce que l’enregistrement des présences, exactement ?

L’enregistrement des présences est une déclaration électronique à l’ONSS : il signale, jour par jour, qu’une personne précise se trouve physiquement sur un lieu de travail précis. Ce n’est pas un outil de calcul des heures. C’est un outil de lutte contre la fraude sociale, que l’inspection consulte en direct lors d’un contrôle.

Trois traits le distinguent de tout ce que vous faites déjà. Il vise toutes les personnes présentes, quel que soit leur statut : salarié, indépendant, intérimaire, stagiaire, sous-traitant. Il est lié au lieu, pas seulement à la personne. Et il suppose que l’occupation soit déjà connue de la sécurité sociale : comme le rappelle Securex, un travailleur qui n’a pas fait l’objet d’une déclaration Dimona ou Limosa ne peut tout simplement pas être enregistré.

Ce qu’on oublie souvent, c’est que trois obligations proches cohabitent et ne se remplacent pas. La Dimona déclare l’occupation. Le registre du personnel documente qui fait partie de l’entreprise. L’enregistrement des présences, lui, dit qui était où, ce jour-là.

Quels secteurs doivent enregistrer les présences en Belgique ?

Quatre secteurs sont concernés aujourd’hui, à des degrés très différents. Le tableau ci-dessous résume l’état du droit au 7 octobre 2026, d’après les pages officielles de l’ONSS et de Checkinatwork.

SecteurChamp d’applicationOutil ONSSDepuisCe qui est enregistré
NettoyageActivités dont la finalité est de rendre propre un bien immobilier pour le compte d’un tiersCheck In and Out at Work1er septembre 2024Entrée, sortie et pauses, en temps réel
ConstructionTravaux immobiliers et livraison de béton prêt à l’emploi, chantiers de 500.000 euros HTVA ou plusCheckinatwork, puis Check In and Out at Work1er avril 2014, nouveau régime au 1er avril 2027Présence quotidienne avant le début du travail, puis entrée et sortie en temps réel
ViandeAbattage et découpe d’ongulés, de volailles et de lapins, préparations de viande, dans des établissements agréés par l’AFSCACheckinatworkEn vigueurPrésence quotidienne avant le début du travail
Horeca (CP 302)Condition d’accès à la réduction groupe-cible pour travailleurs fixes, et non obligation généraleSystème de caisse enregistreuse (SCE) ou système alternatif (SAE)Réduction supprimée au 1er juillet 2026Heures de début et de fin, chaque jour

Le nettoyage est le seul secteur où le régime le plus strict s’applique déjà. Sa base légale est la loi-programme du 26 décembre 2022 (articles 22 à 49), et l’ONSS est clair : l’employeur ne peut plus enregistrer ses équipes à l’avance, chacun pointe lui-même son arrivée, ses pauses et son départ, au moment où ils ont lieu.

Pour la construction, tout bascule au 1er avril 2027 avec la loi-programme du 30 mai 2026 (articles 124 à 131). Fini l’enregistrement groupé du lundi matin. Nous avons consacré un article complet au Check-in at Work dans la construction, seuil de 500.000 euros et sanctions compris, et une page détaillée au cas du nettoyage.

L’horeca mérite une explication à part.

L’horeca est-il encore concerné par l’enregistrement des présences ?

Pas au sens d’une obligation générale, et c’est une source de confusion fréquente chez les gérants. Dans l’horeca, l’enregistrement quotidien des heures de début et de fin via la caisse enregistreuse (SCE) ou un système alternatif (SAE) était une condition pour bénéficier de la réduction groupe-cible pour travailleurs fixes : commission paritaire 302, moyenne de 49 travailleurs maximum, cinq travailleurs fixes choisis par l’employeur.

Or Securex le confirme : depuis le 1er juillet 2026, plus aucun nouveau droit ne peut être ouvert, et la réduction ne peut plus être appliquée, y compris pour les travailleurs qui en bénéficiaient déjà. Aucune mesure transitoire.

Concrètement, un restaurant namurois de 22 personnes qui pointait dans sa caisse surtout pour garder sa réduction n’y est plus contraint à ce titre. Mais attention avant de débrancher quoi que ce soit. Les heures prestées restent à justifier pour la paie, les heures supplémentaires et les flexi-jobs, et le projet d’enregistrement obligatoire du temps de travail pour tous les employeurs est toujours sur la table. Fin septembre 2026, le texte n’était pas voté ; nous suivons le dossier dans notre article sur la pointeuse obligatoire en 2027.

Enregistrement des présences ou enregistrement du temps de travail : quelle différence ?

Les deux se ressemblent à l’écran. Leur finalité n’a rien à voir.

L’enregistrement des présences répond à une question de la sécurité sociale : qui se trouve sur ce site, pour quel employeur, ce jour-là ? Il alimente une base de données de l’ONSS, consultable par l’inspection. L’enregistrement du temps de travail répond à une question de droit du travail : combien d’heures cette personne a-t-elle prestées, avec quelles pauses, quels dépassements ? Il alimente la paie.

Selon une enquête Acerta publiée le 24 septembre 2026 auprès de 304 dirigeants d’organisations de dix personnes et plus, 69,7 % des employeurs enregistrent déjà le temps de travail sous une forme ou une autre, mais seulement 41,1 % le font pour tout le personnel et en numérique. Entre les deux chiffres, il y a toutes les entreprises qui tiennent encore une feuille Excel d’un côté et un portail ONSS de l’autre.

Et c’est là que le coût caché apparaît. Deux saisies pour une même réalité, c’est deux fois plus d’occasions de se tromper.

Combien d’enregistrements par jour, concrètement ?

Prenons une société de nettoyage liégeoise de 45 agents qui interviennent dans des bureaux, des écoles et deux galeries commerçantes. En moyenne, chaque agent passe sur 2,4 sites par jour. Sous le régime Check In and Out at Work, chaque passage génère au minimum une entrée et une sortie, plus une pause si elle a lieu sur place.

Le calcul est vite fait. 45 agents x 2,4 sites x 2 enregistrements = 216 enregistrements par jour, sans compter les pauses. Sur un mois de 21 jours ouvrables, on dépasse 4.500 opérations. Personne ne tient ça à la main, et la loi ne le permet d’ailleurs plus : c’est l’agent qui doit enregistrer, en temps réel.

L’erreur qu’on rencontre le plus chez Shyfter n’est pas l’oubli pur. C’est le décalage : l’agent pointe dans l’outil ONSS en arrivant, mais l’heure de fin saisie le vendredi par le responsable dans le fichier de paie ne correspond pas. Le jour d’un contrôle, deux sources disent deux choses différentes. Mauvaise position.

Côté construction, la logique est la même à partir d’avril 2027. Une entreprise de gros oeuvre du Brabant wallon avec septante ouvriers répartis sur cinq chantiers au-dessus du seuil passera de cinq enregistrements groupés le matin à près de cent quarante enregistrements individuels par jour.

Ce que l’inspection regarde en premier lors d’un contrôle

Notre retour du terrain est assez constant. L’inspecteur compare trois choses : les personnes physiquement présentes, ce que dit la base ONSS et ce que dit la Dimona. Les écarts les plus fréquents tiennent à des situations très banales :

  • un intérimaire ou un sous-traitant arrivé en renfort, que personne n’a enregistré parce qu’il ne figure pas dans l’équipe habituelle ;
  • un étudiant ou un flexi-jober dont la Dimona a été faite trop tard, donc impossible à enregistrer au moment voulu ;
  • une sortie jamais pointée, qui laisse l’agent présent toute la nuit dans la base ;
  • un changement de site en cours de journée qui n’a pas été suivi d’un nouvel enregistrement.

Aucun de ces cas n’est de la fraude. Tous coûtent pourtant. Depuis le 1er septembre 2026, le barème du Code pénal social a été revu : un niveau 3, par exemple, se situe entre 1.000 et 10.000 euros d’amende administrative, et les montants se multiplient par le nombre de travailleurs concernés, dans la limite de cent.

Comment tenir l’enregistrement des présences sans y passer ses journées ?

La réponse tient en une idée : un seul geste, sur le terrain, qui sert à tout.

Dans la pratique, cela suppose que le planning sache déjà qui doit être où, que l’agent pointe depuis son GSM ou un QR code affiché sur le site, et que ce pointage alimente à la fois la base de l’ONSS et le relevé d’heures destiné au secrétariat social. C’est précisément ce que fait notre module Check-in and out at Work : les présences sont synchronisées avec le service de l’ONSS, géolocalisées si vous le souhaitez, et les heures arrivent sans ressaisie dans la préparation de la paie.

Deux conseils de praticien, avant tout choix d’outil. D’abord, expliquez le pourquoi aux équipes ; un agent qui comprend que le pointage de sortie le protège lui aussi en cas d’accident pointe beaucoup plus régulièrement. Ensuite, prévoyez la panne : réseau absent dans une cave, GSM déchargé, site sans affichage. Un outil qui fonctionne hors ligne et synchronise ensuite vous évite la matinée perdue, et la remarque de l’inspecteur. Pour le reste des heures, notre logiciel de pointage compare automatiquement le planifié et le presté.

À retenir : en 2026, l’enregistrement des présences n’est plus une contrainte réservée aux grands chantiers. Il touche le nettoyage depuis deux ans, la construction dans six mois, et la logique du temps réel va s’étendre.

Vous voulez voir comment vos équipes pourraient pointer une seule fois pour l’ONSS et pour la paie ? Demandez une démo gratuite, on vous montre le parcours complet sur un cas proche du vôtre.

Questions fréquentes

L’employeur peut-il encore enregistrer les présences à la place de ses travailleurs ?

Dans le nettoyage, non : depuis le 1er septembre 2024, chacun enregistre lui-même son entrée, ses pauses et sa sortie, en temps réel. Dans la construction, l’enregistrement par l’employeur reste possible via Checkinatwork jusqu’au 31 mars 2027. À partir du 1er avril 2027, ce sera aussi la personne présente sur le chantier qui devra s’enregistrer.

Quels secteurs doivent enregistrer les présences en Belgique ?

Aujourd’hui, le nettoyage pour compte de tiers, la construction au-dessus de 500.000 euros hors TVA et les activités du secteur de la viande agréées par l’AFSCA. Le nettoyage applique déjà l’entrée et la sortie en temps réel, la construction y passera le 1er avril 2027. Dans l’horeca, l’enregistrement via la caisse était lié à une réduction de cotisations supprimée au 1er juillet 2026.

L’enregistrement des présences remplace-t-il la Dimona ?

Non, les deux obligations se cumulent. La Dimona déclare l’occupation d’un travailleur auprès de l’ONSS, l’enregistrement des présences signale sa présence physique sur un lieu donné. Sans Dimona préalable, l’enregistrement est même impossible.

Un restaurant doit-il encore enregistrer les présences dans sa caisse depuis juillet 2026 ?

L’enregistrement via la caisse enregistreuse était une condition de la réduction groupe-cible pour travailleurs fixes de l’horeca, supprimée au 1er juillet 2026. Cette raison disparaît donc. Les heures prestées restent toutefois à justifier pour la paie, les heures supplémentaires et les flexi-jobs, et un pointage fiable reste le moyen le plus simple d’y arriver.

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